19 Fév G7 visée par une perquisition après une plainte d’Uber pour pratiques déloyales
L’Autorité de la concurrence a procédé mardi à une perquisition au siège de la société G7, en région parisienne, à la suite d’une plainte déposée par Uber pour pratiques déloyales, selon plusieurs sources. L’Autorité a indiqué mercredi que ses services avaient mené « une opération de visite et saisie inopinée auprès d’une entreprise soupçonnée de pratiques anticoncurrentielles dans le secteur du transport public particulier de personnes », sans citer de nom.
Selon une source proche du dossier, une trentaine d’agents se sont rendus mardi chez G7. Contactée, l’entreprise n’a pas souhaité commenter.
Uber a saisi l’Autorité au sujet du service Uber Taxis, qui permet aux taxis de s’inscrire sur sa plateforme pour effectuer des courses au tarif du taximètre. Le différend porterait sur la possibilité pour les taxis affiliés à G7 de travailler également via Uber. En région parisienne, Uber Taxis revendique 4 000 taxis inscrits.
D’après la cellule investigations de Radio France, Uber soupçonne G7 d’avoir mis en place « un système organisé et méthodique » visant à dissuader les chauffeurs d’utiliser son application, une pratique susceptible de contrevenir au code de commerce. Toujours selon Radio France, des milliers de courses auraient été commandées depuis le siège de G7 à Clichy avant d’être annulées dans près de 99 % des cas, afin de surveiller les chauffeurs via des comptes clients fictifs.
Présents sur le marché français depuis 2011, Uber et G7 sont en conflit de longue date. Après plusieurs procédures et des mobilisations de taxis, la loi Thévenoud de 2014 a renforcé l’encadrement des VTC et conduit à l’interdiction du service UberPop. En 2023, Uber a été condamnée par la cour d’appel de Paris à indemniser 149 chauffeurs de taxi pour concurrence déloyale liée à ce service.