La plate-forme de VTC Marcel obtient le soutien du groupe de services aux entreprises Armonia

17 Juin La plate-forme de VTC Marcel obtient le soutien du groupe de services aux entreprises Armonia

Armonia prend une participation minoritaire avec un ticket de 1 million d’euros. Marcel veut s’imposer en Ile-de-France avec un modèle différent des autres.

Marcel, l’une des dernières jeunes pousses à s’être lancée sur le marché des véhicules de transport avec chauffeur (VTC), a trouvé un partenaire industriel de poids pour soutenir son développement. La plate-forme doit annoncer ce vendredi l’entrée à son capital du groupe Armonia, l’un des leaders du secteur des services aux entreprises (accueil, mais aussi courses urgentes, sécurité, intérim….). Cette prise de participation minoritaire s’élève à 1 million d’euros.

Patrick Thélot, fondateur (en 1974) et unique actionnaire de Sofinord, le holding qui possède Armonia, reconnaît avoir eu un coup de coeur professionnel pour les trois jeunes fondateurs de Marcel. « J’ai été séduit par leur personnalité. Ce sont de vrais entrepreneurs. Quand ils sont entrés dans mon bureau, je me suis vu rajeunir de trente-cinq ans ! », explique-t-il aux « Echos ».

Mais le dirigeant a aussi et surtout identifié de fortes synergies potentielles avec son activité : « Nous sommes à l’écoute de nos clients et ceux-ci sont nombreux à nous demander des services de type taxi. La plupart du temps, ce sont nos hôtesses, qui sont à l’accueil, qui se voient confier cette tâche. Elles feront désormais appel à Marcel à chaque fois que cela sera possible. »

Plus largement, Sofinord, qui pèse 750 millions de chiffre d’affaires annuel, va faire bénéficier Marcel de ses contacts dans les services achats de ses clients. Cette coopération devrait être très profitable à la plate-forme, qui a fait du marché des entreprises l’un de ses axes de développement.

Tarifs modulables

La jeune pousse est également présente sur le marché des particuliers, mais avec un positionnement un peu différent de ses concurrents. Alors qu’Uber ou Chauffeur-Privé visent la réservation immédiate, Marcel privilégie les courses réservées à l’avance, notamment par ses tarifs, qui appliquent les principes du « yield management » (le directeur technique de la start-up est d’ailleurs un ancien d’Air France-KLM) : plus le client anticipe, plus le prix baisse, avec un rabais allant jusqu’à 10 % si la commande est passée vingt-quatre heures à l’avance.

Ce mode de fonctionnement, explique Bertrand Altmayer, président et cofondateur de Marcel, permet d’optimiser les trajets, et donc le prix de la course. Il est également apprécié des chauffeurs, qui y gagnent en visibilité dans leur planning et leurs revenus. Conséquence, la plate-forme peut se permettre d’être sélective avec les conducteurs qu’elle affilie à son service. « Leur nombre dépassera le millier à la fin du mois, et nous en avons près de 8.000 sur liste d’attente », assure le jeune dirigeant.

Cette levée de fonds doit aider Marcel à devenir « un des leaders incontournables en Ile-de-France, poursuit Bertrand Altmayer. Nous allons pour cela développer l’équipe commerciale et investir dans la notoriété de la marque ». Le déploiement en province est au programme, mais pas à court terme, et« fera l’objet d’un financement ultérieur ». Dans un secteur où la concurrence est rude et où aucun acteur ne gagne pas encore d’argent, Marcel vise la rentabilité en 2018.

Lionel Steinmann – Extrait Les echos 17 juin