Comment les taxis G7 se sont (volontairement) ubérisés

19 Mai Comment les taxis G7 se sont (volontairement) ubérisés

Nouveaux services, nouveau logo, nouveau nom… Le leader européen est en pleine mutation, s’alignant sur les usages des VTC.

L’air du temps est au VTC, alors autant ressembler à une société de VTC. C’est, semble-t-il, la ligne directrice que s’est fixée G7. Nouveau logo, couleur unique, application mobile modernisée, prix réduits pour les jeunes…La première société de taxis en France poursuit sa mue entamée depuis quelques mois. Et le fait savoir avec un long clip publicitaire diffusé dimanche avant le JT de TF1. Où le mot «taxi» n’apparaît nulle part. «Commander un G7, ce n’est pas commander un taxi», a déclaré, lors d’une présentation presse, Serge Metz, le PDG de la société, elle-même propriété de Groupe Rousselet. La marque passe désormais avant le métier, c’est le message sans ambigüité de l’opération de relookage opportunément appelée «re-start».

8 000 chauffeurs en noir

Concrètement, la société a changé de nom et ne s’appelle plus Taxis G7, mais seulement G7. Les voitures seront désormais bien plus reconnaissables qu’avant : un logo fortement mis en valeur sur les portières et une couleur unique, le noir, pour l’ensemble de la flotte. Cette unification se fera progressivement, les 8 000 chauffeurs étant tous soit indépendants, soit locataires. «Nous avons demandé aux indépendants, à l’occasion du changement de leur véhicule, d’en choisir un de couleur noire», précise Nicolas Banchet, directeur général de la compagnie. Comme ces chauffeurs renouvellent leurs voitures tous les quatre ans en moyenne, la flotte G7 sera uniformisée avant 2020.

L’application pour smartphone, lancée en 2008, a également été récemment mise à jour, avec une ergonomie proche des standards créés par Uber. Le montant de la course n’étant pas forfaitisé, l’application donne une fourchette de prix, avec un plafond qui ne pourra être dépassé au moment du règlement. Et le client peut, comme pour les VTC, être prélevé automatiquement, la note lui étant ensuite envoyée par mail. Autre changement notable : G7 Night, service qui propose une réduction de 20% pour les 15-25 ans entre 22 heures et 5 heures du matin, sera proposée toute la semaine à partir du 1er juin, et non plus trois jours par semaine comme c’est le cas actuellement. Là aussi, il faut y voir un effet Heetch, plateforme de transports de personnes entre particuliers ouverte le soir et qui connaît un fort succès auprès d’un public fauché et noctambule.

Innovations à venir

Les prix sont aussi plus clairs, une obligation imposée par le gouvernement depuis mars mais qui participe à ce débroussaillage général. Les frais d’approche sont fixés à 4 euros pour les commandes immédiates, et à 7 euros pour les réservations. Et le prix des courses vers les aéroports est fixé à 30 ou 35 euros (selon les arrondissements) entre Paris et Orly, et 50 ou 55 euros entre Paris et Roissy.

«D’autre innovations sont aussi prévues pour les mois à venir», a promis Serge Metz. Cette métamorphose était de toute façon devenue une obligation pour la compagnie de taxis, soumis à la forte concurrence des VTC. Le chiffre d’affaires de G7 s’est élevé à 75 millions d’euros en 2015, soit une baisse de 2% par rapport à 2014. Plus inquiétant, la baisse est de 8% pour le premier trimestre 2016.

Par Richard Poirot

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