Aux Etats-Unis, la bulle des taxis a explosé

17 Mai Aux Etats-Unis, la bulle des taxis a explosé

Les faillites se multiplient et les coopératives qui financent les licences des taxis voient les défauts de paiement grimper.

Aux Etats-Unis, les taxis ne sont pas descendus dans la rue, mais les dégâts sont bien là. L’irruption d’acteurs comme Uber et Lyft a bouleversé le modèle économique des taxis dans les grandes villes américaines et, ces derniers mois, les faillites de compagnies de taxis se sont multipliées. L’an dernier, l’entreprise Yellow Cab à Chicago et l’entrepreneur Evgeny Freidman, propriétaire d’une flotte de taxis jaunes à New York, se sont placés sous la protection du Chapitre 11. Et, à San Francisco, c’est le plus gros opérateur de taxis, Yellow Cab Cooperative, qui s’est déclaré en faillite en janvier.

Mais les dommages collatéraux d’Uber et Lyft ne se limitent pas aux grandes entreprises de « cabs ». De plus en plus de chauffeurs indépendants ou de petites coopératives sont en difficultés. Depuis quelques mois, les régulateurs financiers américains se penchent sur les petites banques ou coopératives qui ont épaulé les chauffeurs de taxi pour acquérir leurs licences, à New York et dans d’autres villes du pays. Selon des documents analysés par le « Financial Times », les défauts de paiement auprès de certains de ces prêteurs spécialisés, comme Melrose Credit Union ou Lomto, ont plus que doublé depuis le début de l’année. En septembre, le département des services financiers de l’Etat de New York a même dû prendre le contrôle de Montauk Credit Union, un prêteur en difficulté. Plusieurs grandes banques sont aussi exposées, quoique modestement. C’est notamment le cas de la huitième banque américaine, Capital One.

Comme en France, les chauffeurs et les compagnies de taxis américains doivent acheter des licences, dont le nombre est contrôlé par les autorités. Leur valeur s’appréciant régulièrement ces dernières années, les chauffeurs n’avaient aucune difficulté à trouver des financements pour les acquérir, même à prix d’or. A New York, en 2013, une licence de taxi jaune valait encore plus de 1 million de dollars. Leur valeur a été quasiment divisée par deux depuis. Parallèlement, les chauffeurs, dont les revenus diminuent, se trouvent pris en étau et ont de plus en plus de mal à rembourser leurs crédits.

Multiplication des plaintes

Ces prêteurs, dont certains sont très exposés, commencent à aller devant les tribunaux. Melrose et Lomto se sont associés avec d’autres prêteurs pour déposer plainte devant les tribunaux de New York, avant d’être déboutés en septembre dernier. « Les entreprises comme Uber ont construit des réseaux de taxis sans avoir à acheter de licence et sans subir les mêmes contraintes réglementaires que les taxis », expliquait l’une des plaintes.

Extrait des Echos - Elsa Conesa  Bureau de New York