Comment les taxis ont réagi à l’offensive d’Uber ?

27 Juin Comment les taxis ont réagi à l’offensive d’Uber ?

Le choc a été rude. L’arrivée de la start-up Uber en France en 2012 a déstabilisé le monde des taxis, en particulier à Paris. Une vraie révolution: le taxi est tout à coup apparu comme «ringard» alors que dans le sillage d’Uber d’autres entreprises de VTC s’installaient aussi sur le marché. Finalement, cette concurrence inattendue aura été un aiguillon pour une profession qui n’était pas toujours attentive à la qualité du service client. Les deux grandes centrales de réservation G7 et Taxis bleus ont fini par passer à la contre-attaque et par adopter à la fois les mêmes technologies et les mêmes standards de qualité de leurs nouveaux concurrents. Cet effort commence à porter ses fruits puisque l’année 2017 a débuté sur une reprise de la croissance des courses.

Première réponse des taxis, la montée en gamme des chauffeurs. «Six mille d’entre eux ont décidé de porter un costume», détaille Nicolas Rousselet, PDG du groupe Rousselet qui coiffe les taxis G7 et les Taxis bleus à Paris. La deuxième amélioration a porté sur les tarifs. S’ils restent réglementés, il a été possible de mettre en place le plafonnement des approches (4 euros maximum au compteur quand on réserve votre taxi). L’instauration d’un prix forfaitaire entre Paris et ses deux aéroports a aussi permis d’en finir avec les mauvaises surprises tarifaires qui pouvaient altérer l’image de la profession.

Refus de la carte bancaire

Chaque opérateur a également réagi de manière individuelle. Des applis sur téléphone mobile ont été développées tant par G7 que par Taxis bleus. Numéro un du secteur, G7 a aussi mis en circulation des véhicules équipés de Wi-Fi, des vans de sept places pour les groupes ont été mis en circulation, de même que des voitures à motorisation hybride, pour répondre à ses différentes clientèles. De son côté, Taxis bleus propose depuis peu le partage de course.

Pour autant, ces innovations ne règlent pas tous les problèmes. La clientèle des particuliers, très sensible au prix, reste difficile. Surtout, la qualité de service n’est pas encore uniforme. Le refus de la carte bancaire est, par exemple, jugé encore trop fréquent par le patron des Taxis bleus. Il faudra plus que quelques mois d’embellie pour juger que, face à Uber, les taxis sont durablement revenus dans la course.

Les taxis en France

55.000 chauffeurs de taxis en France.
18.000 taxis à Paris: 8000 sont affiliés à G7, 2000 à Taxis bleus et 1500 à Alpha Taxis.
80% des taxis parisiens sont des artisans, 11% des travailleurs locataires indépendants et 3% des salariés

Extrait Figaro